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David

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les nouveautés du site...
"regarde avec tes oreilles" Shakespeare, le roi Lear
Louis déposa Buffo derrière le gd Larousse. "n'oublie pas: n'essaie pas de tout lire, ça ne te vaudra que des embarras" Vargas j'ai lu n°5996, p. 198
August 08

victoire et pétulance

si. hop! joie... et en intégralité ici

quelques jours d'absence, quelques jours de vacances. Non pas dans le Sahara où la bière n'est pas bonne mais en Toscane, où je ne sais pas pour la bière, mais ça vaut le coup quand même. Hop!

August 06

beurre et shit (בראשית)


Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. La terre était informe et vide...

 

Bon, maintenant que mon bureau est en style dépouillé, version commencements de la Genèse, grâce à l'aide efficace d'un quatuor de déménageurs qui n'ont d'amateur que le salaire, je vais pouvoir aérer le cerveau autant que le bureau. vacances...

August 05

champ de bataille...

Je n'écris pas beaucoup ces jours-ci, car c'est le chaos dans mon bureau au moment de ranger, vider, purger les archives qui ne serviront plus (et qui se sont accumulées de manière aussi gigantesque qu'incompréhensible), mettre en cartons, entasser et tout déménager pour emménager à Cherbourg à la rentrée.

Il fera beau alors aménager là bas, là un temps, un lieu où vivre...

bien!
(et naturellement un espace plus compatible avec un ministère ordonné)

July 31

la banlieue c'est pas rose, la banlieue c'est morose

si Jésus devait revenir un de ces quatre, pour rejoindre comme à son habitude les mal famés de la société, aujourd'hui, ce serait sans doute en banlieue qu'il déciderait de crécher, et nul doute qu'il aurait l'idée de retourner sa casquette.

déjà les cheveux longs, bon, mais la casquette à l'envers...
Fashion victim va!

July 30

Un souvenir pour la vie

L'humour noir, surtout un jour de mariage, est un art éminemment subtil dont il faut user avec parcimonie... mais si je ne doute pas des intentions pures des jeunes mariés, j'ai parfois des questions sur le bon goût des photographes de mariage... en matière d'allégorie de l'unité du couple, je préfère le noeud borroméen.

photo volée dans la devanture d'un photographe qui voulait faire original... mais les pythies de mauvais goût n'ont pas de droits sur l'avenir. il faut cliquer ici pour voir l'image en entier... parce qu'il n'y a pas que la mariée!

July 29

Lourdes 2008, pélerinager en eau profonde

En bus, en train blanc, à pied, qu'on soit pieux, mieux, vieux, malade ou touriste, tout le monde ou presque est déjà allé à Lourdes. Tout un chacun a fait le tour du sanctuaire, bu de l'eau et du Jurançon, marché en chantant avec un cierge à la main, brûlant le moins possible le cartonné cantiloimprimé, maudit les Italiennes qui marmonnent à voix beaucoup trop haute leurs rosaires en attaquant votre groupe pendant les processions, pesté contre les marchands de bondieuseries mais acheté des cartes à 0,12€, un porte-clé immonde et cassable de la Vierge (comment, vous n'avez pas une peluche de la Vierge madame? pour mon filleul), usé ses genoux de pantalon à la grotte... qui ne connaît Lourdes?

 

Et à chaque retour, on retrouve cette même difficulté pour digérer, partager toute cette expérience variée et ineffable (encore!), camaïeu de demi-teintes délicates chamarré de tissus criards. Certes, le programme était ambitieux cette année, croisant le projet du pèlerinage diocésain, camp à la montagne, jmj à la française, et expérience spirituelle personnelle. Un tel mélange est forcément risqué, il recelait de multiples pépites et quelques indigestions.

A Lourdes, le chrétien se sent à l'aise, au point que fleurissent en orgie les chapelets, croix en sautoir, pendentif, et T-Shirt militants, avec plus ou moins de goût. A Lourdes, on a tellement le catholicisme décomplexé que les femmes s'habillent en religieuses, et que les prêtres font dans la surenchère identitaire, pour se sortir du lot. Un jeune prêtre francophone clergysé m'a délicatement reproché d'être un cryptoprêtre car je ne portais que la simple croix de bois qui m'accompagne toute l'année... Mais je me demande s'il ne faut pas parfois préférer la discrétion à l'exhibition d'une identité qui passe tout par le vêtement... et quand on l'enlève?

Certaines expériences semblent finalement résonner en écho inattendus. Le troisième jour, un chapelain intérimaire polonais nous a présenté le message de Lourdes, dans un français honnête et cafouillant, en jonglant avec les "mots clé" d'eau, rocher, Avé, lumière, humilité, redondant avec difficulté le film en noir et blanc vu la veille, mais en oubliant de l'incarner dans sa propre vie... je réalise maintenant que les mots choisis sans grâce, la lumière, le rocher et l'eau s'étaient déployés magistralement dans un cirque fréquenté par des touristes en tongues...

 

Mais l'expérience de Lourdes sourd toujours au milieu de ce pierrier agaçant... expérience de foi au milieu de pèlerins du monde entier, expérience de marche à la suite du Christ, expérience du pardon reçu radicalement, en Eglise et en profondeur, expérience de la joie, du chant, de la libération, du témoignage qui éclaire, de la danse qui déride, des sacrements, de la douceur de la Parole, du partage, d'une église qui célèbre, en petites célébrations délicates, au milieu de la nature ou en grandes liturgies internationales engoncées dans des habits de fête amidonnés et endimanchés respirant par dizaines de milliers d'une joie grandiose...

et peu à peu, tout se transforme, on oublie les inconvénients pour exploser la joie, pour danser sans retenue, rayonner sans peur du regard, pour se sentir appelé à aller plus loin, plus profond, sans peur. A Lourdes, on se découvre convoqué, on brûle d'apprendre et d'écouter, on se laisse réconcilier, on frémit dans souffle d'une même confirmation, et le sourire se découvre comme une commune expression.

à Lourdes, on plonge dans une eau vive et tumultueuse, pour goûter aux délices de la profondeur...

July 11

c'est à n'y rien comprendre...

L'ineffable dont ce blog se targue dans sa bannière me submerge ces derniers jours, et je réalise que depuis quelques temps, je suis plongé en pleine déconcertation à corps perdu et néanmoins défendant, touchant les rives d'une incompréhensibilité qui me dépasse. Oh, il ne s'agit pas d'une rencontre mystique, d'une théophanie qui excèderait les sens, plongeant dans des arcanes lumino-ténébreuses apophatiques, mais ce sont plutôt des surprises bizarres à répétition, (bizarre, vous avez dit bizarre, comme c'est bizarre) dont le sens résiste à toute interprétation...

Tout a commencé par un doux matin d'été... comme le fond de l'air nocturne était tiède, j'avais laissé la fenêtre de mon bureau, au 2e étage, ouverte toute la nuit. Encore enveloppé par les limbes du sommeil, en voulant fermer les battants pour ne pas émerger trop vite, je suis tombé sur lui: 

Un lionceau caché derrière le fauteuil, une peluche toute douce... Je ne me souviens pas avoir accueilli d'enfants ou de familles ces derniers temps, alors je ne comprends pas comment il a pu arriver là...

Au gré d'une balade à la pointe d'Agon, nous avons découvert avec une amie de retour de la lointaine malgachie qu'il y avait tant de sensations, émotions, rencontres dont nous ne savions pas dire le nom... Elle rentre au pays de ses racines, et redécouvre la douceur des couleurs normandes, entre verts, marrons, gris et bleus.

En outre, les visiteurs de ce site se font aléatoires, les commentaires aussi... c'est sans doute lié au fait que l'écriture l'est tout autant...

Forcément, après ces constatations, me voici au temps des scrupules:

avais-je le droit de lire le dernier Vargas (au style toujours rafraîchissant, et aux rebonds de scénario inattendus) en une journée, de relire le combat ordinaire en une nuit, de mettre la théologie de ma bibliothèque en cartons parce qu'elle ne resservira pas cet été? et surtout, ai je le droit de mettre sans pécher un T-shirt 100% plaisir?

 

comme je n'y comprends plus rien, et que les récits se font légers, et les billets inégaux, il est temps de s'absenter un peu. Je pars donc à Lourdes pour vivre des JMJ à la française, en compagnie de lycéens de la Manche... pas d'Australie, certes, mais du Jurançon. Retour en Normandie le 21...

July 07

ce soir, en fermant les volets...

les deux vicaires, respectivement aumôniers de l'enseignement public et des établissements privés d'enseignement catholique (expression plus ou moins dans le désordre), s'interpellent d'une pièce à l'autre:

- dis donc, toi qu'es dans la joc, tu devrais demander à tes jeunes qui a bien pu taguer les volets du presbytère
- tout de suite les a priori... si ça se trouve, c'est un fils de bourge qu'a fait ça!

cette conversation d'un autre temps, au second degré délectable et image parfaite d'une opposition sanglante de naguère et qui reste dans les mémoires, voire dans les décisions d'aujourd'hui, vous a été offerte par les jeunes du presbytère Notre Dame. Elles sont loin les homélies où l'on gargarisait d'oxymores évangéliques. Ah ça, Bravo, vinte sur vinte, vive la France.

July 06

Ballade du vicaire

Oyez, jeunes gens, jeunes dames,
La geste d'un jeune garçon,
O Muse ! Prête-moi ta flamme,
Que j'encense cet échanson.
Bien coiffé comme un hérisson,
Tout frais  débarqué de Paname,
Pensait-il être sans façon
Le vicaire de Notre-Dame.

     Son écharpe pour uniforme
     Et son vélo pour canasson,
     Il arpente le macadam
     Avec sa croix pour écusson.
     Son agenda à ultrasons
     Et son portable lui réclament
     D'être partout ! C'est la rançon
     Du vicaire de Notre-Dame.

Mais si par moments on te blâme,
Si on veut te faire la leçon,
Père David, ne fais pas un drame
Si tu n'es pas vraiment Samson :
Même épais comme un limaçon
Parmi les jeunes qui se pâment,
Tu laisses à Saint-Lô ton poinçon
De vicaire de Notre-Dame.

               Envoi
     Prince Dieu, entends l'unisson
     Et de nos voix et de nos âmes
     Qui offrent à David la chanson
     Du vicaire de Notre-Dame.

période triste et belle entre toutes où il faut dire au revoir, où dans la proximité d'une poignée de main, on vous dit la fécondité d'une parole prononcée il y a quatre ans, d'une homélie ou d'un geste négligeable mais touchant, sans doute. Il y a les "au revoir" officiels, aux panégyriques plus ou moins flagorneurs (grâce à Dieu, ils sont plutôt raisonnables) et il y a les guet-apens organisés à notre insu, où des amis chers entre tous se réunissent pour mettre de la joie dans les appréhensions d'un départ et d'une séparation...  Et au cours de cette soirée dont il serait indécent de citer tous les participants, c'est Tanneguy Faivre qui se fendit d'une ballade, avec deux l, et beaucoup de talent. Touché! Merci aux odieux conspirateurs.

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