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David

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"regarde avec tes oreilles" Shakespeare, le roi Lear
Louis déposa Buffo derrière le gd Larousse. "n'oublie pas: n'essaie pas de tout lire, ça ne te vaudra que des embarras" Vargas j'ai lu n°5996, p. 198
July 04

au fil d'une balade, j'ai croisé une métaphore

Je suis presque au bout de cette avancée de pierres,
debout en équilibre sur ces blocs de granit,
solides, aléatoires, hétérogènes,
aussi inconfortables que peu aisés à franchir
mais inébranlables.
Pour en arriver là,
il a fallu éviter nombre d'entorses,
calculer, escalader, choisir ses pas au milieu de ces
rochers d'aujourd'hui, dangereux, mais
qui résistent inlassablement aux marées

A quelques pas du bord,
le regard se perd alentours,
au milieu des éléments arénacés et liquides ,
de l'eau, des sables, micacés, coquilliers, de l'air;
sur les côtés, des chemins que l'on n'a pas choisis,
droit devant, du mouvant, du mouvement
avec un petit repère en ligne de mire
qui donne une direction, un pic qui tend un cap
dans une mer de sables...

certes le ciel est sombre,
mais au-delà des nuages noirs
dans lesquels se délinéent quelques traces plus claires,
le soleil éclaire par revers.

aujourd'hui sur l'avancée,
demain un peu plus loin,
on quittera le chaotique solide
pour une aventure au grand large,
inconnue, mouvante, d'un gris électrique inquiétant parfois
mais prometteur de tant d'horizons.

allez, un pas de plus
duc in altum

July 02

il était jeune, il était beau, il sentait bon le sable chaud

(en rangeant des boîtes d'archives)

Ce n'est pas toujours évident de quitter la terre ferme, de partir vers la mer.

On a beau tirer des bords pour accrocher les bouées, tirer des plans sur la comète, chercher à garder le cap, espérer ne pas tomber en rade, avoir du balast dans les poches, prendre des ris de peur de dessaler à cause des brises du Nord, avoir peur de ne pas réussir à surfer sur la vague de son illustre prédécesseur, surtout quand on n'est équipé que comme un optimiste (ce qui est bon pour le moral), mais un optimiste qui régaterait avec un 18 mètres transatlantique, on a beau éviter de se mettre la pression pour la succession d'une pastorale audacieuse en dehors des rails de l'EC, dans une mégalopole septentrionale, ce n'est pas si simple de prendre la barre d'un tel navire... Mais même moussaillon fraîchement promu, on peut se rassurer en se souvenant d'autres sont arrivés jeunes, aussi, à Cherbourg.

on peut toucher ? ça porte bonheur. 

24h sur 24, la vie serait bien dure, si on n'avait pas le pop club avec...

Ce matin, sur France inter, on apprenait que José Artur, le célébrissime animateur à l'écharpe blanche de quarante ans de soirées d'Inter, insupportable égocentrique aux questions mille fois posées peu importe l'invité, moins important à ses yeux que son nombril démesuré qu'il prend pour l'étoile polaire, athée et anticlérical notoire, avait été placé pendant la guerre par ses parents cauteleux dans un établissement audacieux d'enseignement catholique de Normandie d'où il avait été viré par le prêtre, alors directeur, à l'aide d'un bon coup de pied au derrière... c'était le seul bon truc qu'aient fait les curés pour lui!

Je me prends à espérer qu'aucun des jeunes que j'ai côtoyé dans ce même établissement, comme aumônier soixante ans après, n'aura été à ce point traumatisé par la religion qu'il en devienne un aussi indigeste bouffeur de curé...

Sinon, que Dieu me pardonne, et les auditeurs de France Inter avec lui.

PS: la rancune doit être réciproque, je ne l'ai pas vu dans la liste des anciens élèves qui ont réussi, mais bon, je ne suis pas sûr de l'avoir lue non plus!

July 01

les assassins de l'engluement insipide

Parmi les chrétiens, on trouve nombre d'enjoués de l'endive, de la fadeur, de la face de carême ou du repas allégé... Ils renient publiquement l'apologie publique de Thomas Dutronc pour "un bon gros steak avec des frites (bordel)"... Certes, si l'on suit à la lettre les préceptes du moindre anachorète, rompu aux charmes de la diète permanente, de l'ascète nain qui assume ses gargantuesques austérités, ou de l'adepte cénobitique de la vie étique, la nourriture ne fait pas le bonheur... Quelques grains de blé au fond d'un bol, ou un peu de pain sec peuvent largement sustanter... La réfection de la cuisine du presbytère ces jours ci nous privant de l'antre de Bacchus tendrait d'ailleurs à vouloir l'illustrer.

Mais il faut le reconnaître, en ces jours de l'été où le soleil pourrait encore cette année se faire pudibond et bouder du rayon nos peaux en attente d'héliothérapie, il faut recourir bien souvent à des stratagèmes pour conserver le moral au zénith déserté par l'astre du jour, et aller chercher les trésors bien enfouis de nos maisons.

Point d'oripeaux, de bijoux faramineux, de luxe bling blingué caché au creux d'un coffre fort blindé... mais dans le garde manger des parents, quelques grammes d'extrait d'énergie d'un petit trésor dérisoire, pour revigorer chaque matin, plus efficacement que les substrats chimiques dont je vous avais parlé...

hier soir, je suis allé faire le plein de confitures... l'été normand peut commencer! quoiqu'en disent les médecins, les confitures maison, c'est bon pour la santé!

(les assassins de l'engluement insipide sont les glu-cides)

June 30

t'as pas 100 balles?

Je crois que ce sont les "handicap international" et affiliés qui ont ouvert le ban, avec leurs béquilles en bambou, et leurs stickers avec l'adresse du donateur. Ensuite ce furent les enveloppes prétimbrées, et puis les relances, et puis...
Le marketting du charity business a pris un essor considérable ces dernières années, rendant caduques et obsolètes, à grands coups d'opération de comm' et d'achat de fichier France Télécom, les enveloppes du denier de l'Eglise, et les quêtes à clochette... dorénavant, il faut des campagnes de pub pour obtenir des sous, pour sensibiliser à une question, à coups d'humour, de second degré, , de beauté, de culpabilisation, tous les moyens sont bons pour lever les fonds.

On finit par croire que certains en vivent, et bien encore, les boîtes de comm, au moins... et comme il y a sur enchère, on ne peut plus faire simple...

Dans tout ce fatras communicationnel, jusque dans les parodies ou les prêtres academy, j'avoue que j'ai un faible pour la dernière campagne de la société Saint Vincent de Paul... allez savoir pourquoi.

June 29

Dans les 8 premiers on voyait bien, mais pour le 9e...

L'art, en tant que recherche de la beauté et de la vérité du dire, ou du montrer, s'est forcément coltiné la religion, la foi, Dieu,
Et si l'on reprend les huit premiers arts, on voit bien entre autres...

l'architecture et l'église Saint Clément à Rome
la sculpture et les statues du Bernin
la peinture et les toiles de Rembrandt,
la  littérature et les pensées de Pascal,
la musique et les oratorios de Bach,
la danse et le Mahabarata

le cinéma et le Jésus de Pasolini
la photo et la quête de se qui se cache derrière le visage...

oui, mais la BD... Bien sûr, il y a les fantasmes qui alimentent l'imagination de INRI, le Ve Testament, les secrets du Vatican et autres gloses sur le thème du grand complot, et de l'Eglise peuplée de pervers qui veulent diriger le monde et luttent contre la loge première (ah ah ah, les scénarios sont tellement prévisibles)

mais il existe autre chose, une autre manière de jouer avec les thèmes de la foi, de Dieu, de l'Evangile, ou de la religion, plus "informée", plus subtile...

qu'elle soit vraiment raccord avec la foi...

1.

2.

3.

ou pas si loin...

4.

5.

ou ceux qui appuient leur récit sur un imaginaire religieux...

6.

7.

voir ceux qui partent en grand n'importe quoi...

8.

9.

ah ben si, finalement, il y a des liens... et même des bons...

à vous de reconnaître les extraits!

June 28

l'ambition et la mesure

"l'Evangile ne nous appelle pas
à éprouver des sentiments d'amitié
pour tout homme,
mais à aborder tout homme
comme étant un ami possible."

R. Voillaume, Lettre aux fraternités, Cerf 1960, p. 101

June 27

les aphorismes du père Peschet, fou de la messe

Pour réhausser un propos, dans une conférence, l'orateur peut user sans abuser de différents outils... L'illustration du mariage, du couple par le noeud borroméen où deux cercles ne tiennent que si le troisième les entrecroise intrigue suffisamment pour réactiver un instant les neurones... Mais l'orateur peut aussi ponctuer son propos de citations croustillantes, ramassant dans une concision exemplaire, de l'humour, et parfois même du bon sens... ou pas.

Même si, forcément, cette année, personne ne dormait, puisque Xavier Lacroix parlait, et c'est Lardaud qui a eu les honneurs de la citation: "l’amour ça commence par le champagne et ça finit dans la camomille" Mais précision, Lardaud a oublié que chez les chrétiens, on a le bon vin à la fin!

Mais les aphorismes ne viennent pas que de l'orateur, ça commente parfois dans les rangs... 

"se marier est un pari, et ce pari vaut bien une messe". Merci!

June 26

Jesus Christ Superstar

au cours d'un repas, dans le réfectoire des hôtes de Mondaye,
en regardant une icône de la résurrection, j'ai eu une révélation

Bien sûr, on connaît le célèbre déhanchement du King Elvis,
mais savez vous qu'il tient tout du King of Kings?

Le Staïle est dans la posture...

Optique deux mille (ans de vie de l'Eglise dans l'Esprit)...
(très belle icône où le Christ, sortant du tombeau et de la mort, emmène avec lui, par le bras Adam et Eve... et les réunit en lui. Superbe!)

June 23

ce blog va fermer

C'est la peur au ventre que j'écris ces lignes, barricadé depuis quelques heures dans mon deuxième étage solitaire et inexpugnable, transformé en bunker à l'aide des piles de papiers non triés depuis des mois. Le téléphone portable éteint, le fixe peut sonner, je ne décrocherai pas, outlook est désinstallé de l'ordinateur, et je n'irai pas à la poste, pas plus que je n'ouvrirai pour signer les recommandés du facteur...

Je scrute les statistiques, pour savoir d'où est venue, d'où viendra l'attaque finale... Oh je n'ai pas reçu une tête de cheval coupée, dans un colis, non, et il n'y avait pas de hibou cloué sur ma porte, ça ne se passe pas comme ça... non, simplement un coup de fil amical qui se termine par un "on te dit ça, c'est pour ton bien"!

Il y a bientôt deux ans que ce blog est commencé, et même si les commentaires sont parfois houleux, ou si l'un ou l'autre le dénigre allègrement de ci de là, le soupçonnant de maux qu'il n'a pas, cet espace reste un lieu où s'écrit, paisiblement, presque chaque jour, un quotidien dans ce qu'il peut être beau, signifiant, interpellant, récit... Le style est aléatoire, plus ou moins hermétique, un peu ou moins drôle, toujours accroché à un peu de réel qu'il détourne, presse, saisit, enflamme, pour en exprimer une quintessence qui ne se laisse pas toujours toucher du bout de la plume.

Il y a aussi des photos... Elles ne représentent personne, n'ont pas de valeur de représentation, mais essaient d'être, visuellement, un certain regard sur le monde, une vision partagée du monde, avec un choix dans le cadre, la pdc, le noir et blanc, qui dévoile un angle de monde qui ne se dévoile pas toujours au premier coup d'oeil. Toutes ces photos ne sont pas belles, mais elles sont une recherche esthétique

mais on m'a dit avoir peur pour moi, parce qu'il est interdit de révéler la beauté des gens, même s'ils se baladent dans la rue, tu ne connais pas la loi? le droit à l'image? Y a la prison pour des gens comme toi. Tu savais pas? Ben non, pas bien, et comme mon but n'est pas de nuir, j'avais même écrit un petit mot proposant de retirer les photos qui pourraient poser problème, ou donner celles qui pourraient plaire.
Il faudrait peut-être créer un droit de révéler la beauté par l'image... Mais associer, dans un même plan, sans montage, un évêque et une image amusante de vache, pour signifier qu'un versaillais débarque chez les manchois, c'est peut être aussi une attaque personnelle... Et ces textes, ces textes, si peu lisses, si peu... tu te rends compte? enfin on te dit ça, c'est pour ton bien.

la France a peur... et ça ne la rend pas belle.

alors le blog ne fermera pas. Je continuerai à écrire des textes aléatoires et variés, parce que personne n'est obligé de les lire, même s'ils dérangent. Je ne vais pas me mettre à photographier des fleurs, ou des paysages vides et inexpressifs, je vais continuer à photographier le monde tel que je le vois, quitte à "bloquer" certaines photos, de peur que certains découvrent qu'ils sont beaux.

Je vais continuer ce blog, parce qu'il y a des personnes libres capables de le lire, et qui donnent envie de leur écrire. Si les huissiers débarquent, je vous préviens, mais c'est pour mon bien.

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