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April 22 et ça continue encore et encore... le nouveau blog continue à prendre forme... et ça me plaît bien. Les photos vont prendre place, peu à peu, et ce qui se trouvait ici aussi. Restera à tout transférer, j'avais cru avoir trouvé un truc automatique... hélas, ça ne marche pas encore parfaitement... ça aurait pourtant permis de faire passer billets ET commentaires. A creuser donc. en tout cas, le dernier billet est là: http://www.davidlerouge.frApril 20 pour voir ce que cela donne histoire de renouveler un peu le média, je tente une évolution de ce blog à une nouvelle adresse... commentaires là bas bienvenus... tiens d'ailleurs, y a même un nouveau billet/ ça se passe là: http://www.davidlerouge.fren attendant, le blog continue ici naturellement. On verra si ça vaut le coup de faire une transition. April 09 hic et nunc
en deçà des pesanteurs, jour après jour, heure après heure, descendre dans le néant de la mort du Christ, de l’amour qui s’épuise sur la haine pour endurer la puissance de vie dans l’obscurité des désespérances. En lisant les lieux d’achoppement d’amour où les lycéens se sentent brutalisés, avec une acuité qui m’impressionne encore, je sens combien il est important, vital de redécouvrir la lumière donnée dans ces obscurités. Ils les avaient écrits dans une célébration qui invitait à la semaine sainte. Reste à s’en faire participant. April 08 Saudara, saudari yang terkasih… Tolong!selama “minggu doa untuk gereja di seluruh dunia”, plakat ini ditempelkan di setiap gereja di Perancis… dengan kalimat dari Santus Paulus.
waktu itu, saya heran karena foto orang Bali dengan pakaian adat datang di Normandie… kurang biasa, kan? tetapi, saya kurang tahu jika cewek ini memang orang Bali atau dari Jawa, dari mana? katolik atau tidak? ataupun penari Pendet? saya mau tanya orang Bali yang kadang-kadang datang di blog ini jika engkau kenalnya… Siapa sih cewek itu? terima kasih atas jawaban! April 06 çarikli kiliseUne grande entrée dans la roche, une roche friable. ça paie de tout sauf de mine de l’extérieur. Si l’extérieur se distingue par son insignifiance, la profusion des peintures et des fresques explose au regard du visiteur éberlué. Le guide ne sait plus où donner du commentaire. Une catéchèse colorée de protoévangiles? un exemplaire unique d’iconographie mariale? les strates de la fresque? les émotions de la Vierge Marie? l’affirmation de foi? Les icônes redoublent de brio pour exalter une foi colorée. A la cascade de superlatifs répond le déferlement de déclenchements d’obturateurs numériques. On ne sait où donner de l’objectif. La passerelle sous la voûte en est saturée de photographes téléguidés. Le croyant est ému, le photographe déçu de ne pouvoir faire lui aussi des cartes postales, l’esthète bluffé, le prêtre envisage comment utiliser cette jolie catéchèse, le visiteur impressionné. Ils ont vu une belle église. Il y a tant à raconter. sur la droite, en sortant, il y a un petit escalier de guingois, aux marches inégales qui descend sous la belle église. Pas de fresque, juste une niche. Rien à dire, rien à décrire, ce ne sont que des fondations. Banales. Surtout par rapport à la munificence et la débauche d’images du dessus. Et pourtant, c’est là où les descripteurs n’ont rien à dire, les esthètes rien à voir, les curés rien à utiliser, les croyants rien à émouvoir… que quelque chose se passe.
de l’extérieur, il n’y avait rien à deviner, et qui changera peut être la vie. avec le temps, oublier le chatoyant pour distiller sa profondeur. April 03 l’oreille en coin…eh tiens, v’là Jésus Christ… Tiens, r’garde, on dirait Tanguy, t’sais, les jeunes, ils te diront jamais qu’ils trouvent la messe chiante, à moi ils le disent. vous avez du mal avec le matin, non? bonjour David/M’sieur l’curé/mon Père/l’Abbé t’aurais pas dû écrire cela, mais plus positif, t’as bien fait de prendre ce point de vue, je m’y suis retrouvée on te comprend pas ça va? moins stressé? pour faire de bonnes photos, t’as pensé à mon article? jte sens pas trop sur ce coup là, ne pas vivre dans un presbytère, c’est s’exposer à ne vivre que de ses projets, à ne plus être dérangé internet, ça prend du temps, non? chemise sortie, il est “défroqué”?
Quelques rayons de soleil, dans un frais printemps, en courant d’un lieu à l’autre, effleurent la peau, tracent au fond des yeux la rémanence du chemin où l’on s’est engagé, en perspectives adoucies… même dans le chaos d’une course entre deux rendez-vous. Le regard ensoleillé ouvre le cœur pour entendre ce qui fait bouger, et le nimbe pour laisser glisser ce qui aurait pu blesser. April 02 prières de l’impossible…
April 01 si d’aventuresi d’aventure d’aucuns en venaient encore à penser que le quotidien d’un prêtre du lundi au samedi ressemble globalement à ça…
avec des petites variantes, un bréviaire dans les mains, ou dans une église à célébrer une messe ringarde face à une assemblée squelettique et moribonde, ou bien encore confessant, l’œil compassé, la mamie qui aurait abusé des Cadburry, voire lisant avec componction un opuscule pieux. Une fois ces saintes œuvres accomplies, et la quête comptée avec une application racornie, le prêtre regarderait passer les heures, accoudé à sa fenêtre, derrière les dignes rideaux de son presbytère poussiéreux. A moins qu’il ne prenne le temps d’observer les fenêtres d’en face, celles de la vraie vie qu’il aurait fuie il y a longtemps, regardant ces fenêtres s’allumer sur trois étages superposés ensemble à heures fixes… on s’affaire dans les cuisine pendant qu’on glande dans les salons…
Apprenez que particulièrement à l’approche des fêtes pascales, les journées ne sauraient se ressembler, et ne laissent guère à l’esprit le temps de vaquer les mains dans les poches tant il faut convertir en programmes concrets une palanquée de célébrations en gestation pour les semaines ou les jours à venir, anticiper les prochaines retraites, trouver des initiatives caritatives, préparer la réunion du soir, faire la feuille de chants… L’ordinateur sature, le clavier chauffe, le cerveau bouillonne, et l’on se demande le soir où l’on a été chercher de telles idées différentes pour des célébrations qui à la base pouvaient tant se ressembler. Et histoire de pimenter le tout, il découvre tout à coup que pour les démarches pénitentielles communautaires, il a commis l’erreur de s’engager à les préparer tout en oubliant soigneusement cet engagement. C’est bien, ça stimule! Il s’agit bien sûr de faire tout cela avec le flegme décontracté de celui qui vient à chaque rencontre d’un pas non affairé. Un coup de fil… les affaires reprennent. Plus que quelques mois à fond de train! C’est un bon rythme, qui convertira ce travail du dessous en rencontres fructueuses… Et si parfois la joie s’effiloche dans les accrocs de l’agenda, le prêtre est si souvent témoin d’une espérance travaillant les entrailles de ce monde qu’il repart en courant (de joie). haro donc sur les réputations mal ficelées, il y a chez les prêtres du boulot à ne plus parfois savoir qu'en faire, et si on ne peut pas vraiment dire que c'est bien payé, on a la joie d'avoir une vie (un travail?) qui sait (nous) humaniser. (un grand merci à Romain Ronzeau et à son délicieux blog pour le dessin que j’ai emprunté en omettant de le prévenir… allez tout de même le visiter!) March 31 A quand le bepc?Si les changements d’horaires que l’on subit éveillé affectent passablement les muscles des paupières, c’est pourtant l’air guilleret et le cœur léger que je me dirigeais ce matin vers la Basilique de la Trinité, celle aux tours de clés multiples, celle de la messe matinale. Elle est massive, souvent ventée, mais à 8h et quart aujourd’hui, elle était baignée d’une douce lumière, dans un ciel sans nuage. Il n’y a pas de vitrail dans l’axe absidial, une fenêtre ouverte derrière le haut du retable tombe en puits de lumière naturelle sur la composition des statues du baptême du Christ. La même ouverture illumine au dessus du 'tableau’ un œilleton mordoré au milieu de nuées, peint du tétragramme divin… En entrant face au soleil levant, la lumière le transperçait et le faisait rayonner. c’était… céleste.
Tout impressionné par ce premier rayon, je n’ai pas pris garde à cette grande enveloppe kraft posée sur un chasublier, sûrement à la fin d’une messe dominicale. Soupçonnant une feuille de liturgie à venir, j’ouvre et éclate de rire.
Que dois-je comprendre? je n’arrive pas à savoir si ce cadeau remet en cause ma formation, mon élocution, mon sens des comptes, ma culture gé, ou plus prosaïquement la teneur de mes homélies. Pas assez mûres? En fait, le don vient d’une paroissienne qui me laisse régulièrement des documents de presse qu’elle trouve et qui pourraient être pertinents dans mon ministère. Il me reste un doute tout de même. March 29 dans la huitième merveille du monde
Elle regarde ailleurs. il parle, il lui parle, elle a tenté un papotage susurré indétectable avec ses voisines, ça a pris, mais pas longtemps. Elle jette un œil vers les comiques de service, les agitateurs qui se jouent si bien des adultes, mais ils semblent captivés, ils ne sont pas drôles, enfin ne le sont plus. Elle regarde de l’autre côté vers les inattentifs systématiques, ceux qui n’écoutent jamais, mais là encore, ils sont changés. Le pire, c’est derrière elle, ils sont nombreux, assis par terre, et elle est incapable d’entendre le bruissement habituel des inintéressés. il parle encore. A tous, à elle. Tiens, d’ailleurs, il s’est tu. Enfin. c’est chiant d’être au premier rang, assise en tailleur sur la moquette comme ça. Ils sont une douzaine en blanc maintenant devant. A genoux, devant l’ostensoir. Elle l’avait senti venir, ça ressemble en gros à ces trucs pénibles qu’elle a anticipés. Baisser les yeux, les relever, ils ont disparu. Tout le monde bouge. vite, moi aussi. Déjà il avait fallu crapahuter 7 kilomètres sur la grève désertée par les flots hivernaux. Il n’avait pas plu, certes, mais qu’est-ce que ça caillait. Surtout dans les rivières au sol incertain. Pieds nus à cette saison, des ballons colorés, des textes proposés… enfin, avec les copines, ça l’a fait. En discrète résistance. Puis faire semblant de ne pas écouter ce type qui a changé de vie… pas à la manière des curés, mais comme un junkie qui se remet à vivre. M’en fous, j’en suis pas. Ils avaient lu aussi un texte de la Bible. Après le pique nique. Ils ne l’avaient pas seulement lu, mais fait résonner avec nos questions les plus décapantes, suivant dans la nuit le rayon de lumière d’une “poursuite” éclairant l’architecture du Mont, éclairant des "jeunes normaux” posés en point d’interrogation pour chacun. L’idée des bougies sur chacune des marches des grands degrés qui mènent à l’abbatiale, ça a de la gueule, c’est vrai. Avec ces interpellations qui rebondissent sur les murs, lancées par des jeunes qu’on ne voyait pas. faudrait que je réutilise ça pour une soirée… Et me voilà en haut du Mont Saint Michel. Y en a un qui revient avec une Bible à la main qu’on lui a filée dans le cloître, l’autre une enluminure qu’il a faite dans le réfectoire, et lui, à côté… Pourquoi est-il si étrangement calme, sérieux, avec quelque chose de profond dans les yeux. Il est allé voir un des prêtres dans le chœur, il est changé. D’habitude il est drôle et léger. Merde, c’est pas si simple de ne pas me laisser embobiner, de ne pas me laisser toucher comme les autres, de garder mon savant détachement de leur foi qui ne me dit rien, dont je veux qu’elle ne me dise rien. Je suis intrigante quand je défie ce monde des adultes, de mes vieux, avec leur religion poussiéreuse. Entre ce week-end confirmation, nos sketches drôles, ces temps de prière de nuit, à la bougie, et cette messe qui commence maintenant, vibrante comme un Si bémol de violoncelle. J’ai réussi à être la seule à ne pas entrer dedans. J’espère juste que je ne suis pas passé à côté de quelque chose d’important. Ils viennent même pas me reprendre de ne pas y être. Si la résistance n’entraîne même plus les piques inutiles des adultes… Pfff. J’vais être crevée
(photo diocèse de Coutances) March 25 la course aveugle
Plus d’une semaine après, les radios, télés, blogs et journaux frémissent encore des soubresauts qui ont agité l’Eglise. Certains ressassent, s’obstinent, militent, ou poussent la caricature, d’autres essaient de s’extraire de la violence du débat pour en saisir les enjeux, le substrat caché, tel un koz qui tel le ressac finit par polir le propos, exhalant de nouvelles irisations. Pas inintéressantes d’ailleurs. Mais inaudibles pour quiconque ne cherche pas à comprendre, se satisfaisant de ce que “produit” la petite phrase.
Voyager en groupe en Turquie m’a inhibé l’appareil photo. A la première halte, le groupe, “guidé par le guide” a dégainé l’appareil photo pour, comme un seul homme, mitrailler les orangers, les minarets, les portes antiques, les sculptures truc. On arrivait tellement vite sur un lieu, en masse, qu’il n’y avait pas d’espace, pas de temps pour se laisser toucher, trouver ce qui émerge, l’angle qui rendra l’ambiance, plutôt que le cliché “carte postale” mais raté. Finalement, on ne voit rien. Le groupe est dans des rails qui conditionnent son rapport au monde, dans un temps qui ne se laisse pas prendre. Et la photo n’est plus sensible, mais violente, brutale, sans fond… sauf peut être dans le portrait de ceux avec qui on cheminait.
Il y avait pourtant des traces d’humanité, des questions que la vitesse laissait en suspens, des mystères qui suggéraient une vie, un quotidien, Turc, ou autre. Ces architectures différentes selon les régions, ces fronts barrés de sourcils plus ou moins curieux, ou avides, ces steppes inhabitées d’où sourdait pourtant une présence humaine, mais cachée, cette violence de la nature, cet islam que nous avons ignoré, ces communautés chrétiennes sans prêtre, ce christianisme exubérant qui a disparu, cette vie en bord de rue, sans femmes, cette vie derrière le bord de rue, invisible, cette ultra présence de l’armée… Des questions auxquelles le guide savait répondre, atténuant d’une explication l’attrait du mystère.
J’ai l’impression que l’actualité elle aussi me mène en voyage organisé , à fond de train, de passage obligé en monument à voir, anesthésiant tout regard réel pour réduire au cliché. “ici descendez pour la photo”, vous devez penser ça, ou résistez… mais l’explication annule la profondeur. Je ne serai prêt à parler "de l’âme des africains” que quand elle restera signe pour moi du mystère qui appelle.
March 24 et ça continue encore et encoreplutôt que d’entendre la langue de bois des prélats,
avec de l’affection pour la dernière, forcément. liturgie des heures, AELF, d’un côté, Matisse, de l’autre March 23 c’est aujourd’hui dimancheOn a beau avoir une sensibilité, un goût, une certaine manière de célébrer, de prier, de prêcher, on ne préside pas de la même façon… samedi, à 18h30, dans une chapelle d’établissement, toute de stuc parée, en fête décalée de la Saint Joseph, avec des parents, des enfants, des jeunes au cœur de la joie de l’éducation; samedi, à 21h, assis sur un rondin de bois, près d’un feu, un calice et une patène posés au milieu d’une profusion de primevères, avec une douzaine de louveteaux, de louvettes, au moment de leur premier engagement dans le mouvement; dimanche, à 9h45, dans une belle basilique autour du premier scrutin d’un catéchumène, en écoutant le beau texte de l’aveugle-né, texte de l’année A quand on est dans l’année B; dimanche, à 11h15, dans la communauté paroissiale habituelle, avec pour la première fois les textes du jour… et une attente forte de mots apaisés et structurants sur la furie médiatique qui secoue l’Eglise ces jours-ci. Quatre messes en 16 heures, et pas une homélie qui puisse ressembler à l’autre. On est alors d’autant plus saisi par l’évidence que l’homélie est un propos adressé à une communauté rassemblée. La journée continue, mais les mêmes conversations reviennent à la table d’un repas familial ou dans le jardin ensoleillé d’une maison de retraite, point d’acidité ni d’acrimonie, mais un vrai besoin d’”en” parler. Comme la journée a été longue, je squatte le salon du presbytère et retrouve la télé après l’avoir boudée depuis de longs mois. C’est le choc. Plus de parole adressée, ou échangée, mais un matraquage systématique… La publicité (avant 20 heures) est édifiante: “on ne change pas le monde avec une lessive, mais on peut y contribuer” (ça change de la campagne de la même lessive: ce petit coin de nature est le cadre idéal… ), “avec une mare, la nature redémarre”, “pour un chez vous qui ne ressemble qu’à vous”, Jean Rochefort qui paie à sa guise, et machin “qui vous rend zen”. Les infos se laissent tronquer sans vergogne… M’en fous, c’est 007 que je suis venu regarder.
March 21 Imagine all the people…
Orhan Pamuk, Mon nom est Rouge, Folio, P. 293 Bousculant le programme prévu, les jeunes de l’aumônerie ont pris le temps, hier soir, de réfléchir sur l’actualité médiatique vaticane, tendus entre le message omniprésent qu’ils perçoivent, leur foi, et la logique interne de la morale chrétienne en conflit avec les logiques du monde. Comment tenir ce que nous pensons sans nous arc-bouter contre les autres ni perdre la force de notre originalité… Plus que des réponses, nous avons esquissé des éléments de réflexion. Pas si simple, tant nous sommes tiraillés entre les images qui traversent la société et celles qui nous illuminent de l’intérieur. De la vibration de ces images entre elles naît sans doute un nouveau contexte pour notre temps. Sur l’influence des images dans notre approche du monde, de la société, et même de la beauté (comme le suggère Pamuk), je suis bien tenté d’aller voir l’expo dont parle La Croix (à défaut, je pense que je vais aller jeter un oeil dans le catalogue!) March 19 lecture du livre de…Outre ma Bible, un bréviaire, un bloc notes et un cahier, j’avais lesté mon sac de voyage paulinien avec de ces opuscules qui erraient dans ma bibliothèque attendant leur jour, leur heure. Le deuxième fut Compartiment pour dames d’Anita Nair, traduit par Marielle Morin, éditions Picquier Poches. Une femme brahmane qui a sacrifié sa jeunesse et sa vie à sa famille suite à la mort de son père décide un jour de quitter le clos familial pour, seule, traverser l’Inde en train vers une destination maritime dont on ne connaît pas l’enjeu. Dans le compartiment de nuit, des femmes sont couchées, et au fil des heures de veille, chacune à son tour racontera quelle place, de prison dorée en bouge infâme sera celui de sa souffrance. Chacune verra l’enfer à sa porte, dessinant un portrait sans concessions d’une Inde mésestimant ses femmes. Plus qu’une gradation, c’est un écheveau de vies dans leurs joies et leurs souffrances, dans des mesures qui ne se répondent pas qui est racontée. Vies écrasées contre le cadre qui les structurait… Il est donc question de pouvoir, de couples, de sexualité, d’enfant à reconnaître, de familles, de castes. Au bout du livre, on est devenu familier de ces femmes au chemin cabossé, et le cœur ouvert à discerner dans les vies croisées le mystère qui ne se laisse pas toujours trouver.
Le premier livre est un cadeau d’Anne Claire, La vie d’un homme inconnu, d’Andreï Makine, aux éditions du Seuil. Que n’ai je reçu de quolibets dans le car alors que je lisais avide, ce nouvel opus de l’écrivain russe. “A quoi ça sert de lire la vie de quelqu’un d’inconnu?”, “c’est la vie de qui?”. Le livre commence mal sur les aigreurs d’un écrivain russe, perdu dans l’Europe occidentale moderne où il ne trouve ni ses marques, ni son public, ni l’amour, ni son talent. Il tourne en rond dans sa vie morne où les événements le mènent. Il finit par fuir à la recherche d’un amour perdu qui ne risque que de lui échapper. Et il croise un homme, un presque rien qui nous fait plonger dans le tourbillon de son histoire au milieu du tourbillon de l’Histoire, celle de l’URSS, celle qui mangeait les hommes pour satisfaire son idéologie. Et l’on découvre avec cet homme inconnu qu’un système a complètement dépouillé, le prix, la valeur d’une vie, celle sans prix qui rend les ors mats, les clinquants vulgaires et les riens inestimables. La guerre, les camps, l’amour, le ciel, la musique encore… et la vie qui jaillit, incessamment. c’est l’Histoire dans sa violence qui se marque en cicatrice dans une petite histoire, humaine, vivante, palpitante, qui appelle sans cesse à ne pas se tromper de centre!
lire la vie d’un homme inconnu malmené par les soubresauts de l’histoire tout en suivant les pas d’un homme qui transformera l’histoire, voilà qui ne manque pas de piquant. March 18 tempête dans les bénitiers
Il suffit qu’un prélat fasse une embardée de soutane filetée violet ou blanc à l’autre bout du monde, canonnant d’une loi que le monde n’a pas ni ne comprend pour que les médias s’emparent du battement outre-atlantique ou ultramontain et le transforment en bourrasques pour secouer le bénitier jusqu’à le vider. Les blessés de la religion, qui l’ont rejetée avec plaisir loin de leurs vives plaies s’en donnent à coeur joie, en brusques retours de fiel. Les caustiques n’en pensent pas moins, les caricaturistes ne se donnent même pas la peine de forcer le trait, tout en bénissant le “bon client” qui leur donne tant de grain à moudre. Les aficionados s’agrippent alors d’autant plus vigoureusement au granit dudit bénitier, à force de récriminations, groupes facebooks et plaintes de persécutés. D’autres chrétiens ont du mal à comprendre pourquoi on s’énerve brutalement, car tout cela ressemble si peu à la loi de vie qu’ils choisissent chaque jour, à l’Eglise où ils croissent (pas croâssent, on ne me la fait pas), à l’Evangile et à la foi qui les sauvent, à la charité qu’ils exercent. A ces débats sans fin mais en haine, ils répondent par des actes. Ces bourrasques interrogent sans doute chaque chrétien sur le pourquoi de sa foi, et sa manière de la vivre, entre exigence et charité… mais elles remuent sûrement beaucoup plus le “tout un chacun” qui se sentait vaguement catholique, au nom d’une réminiscence d’enfant qui a perlé le jour du mariage, ou dans les choses qu’on devine devoir faire passer à son fils, sans le faire vraiment, et qui se retrouve convoqué à se décider au milieu des éléments déchaînés… Suis-je de ce navire, ou ne l’ai-je déjà quitté de fait? et le regard perdu par la violence des éléments en furie, il ne perçoit plus ni le fond, ni le sens de la démarche, ni son socle inaliénable mais simplement un bateau ancestral sous les coups sans semonce de ceux qui n’ont pas pardonné aux religions d’ouvrir leurs réponses par de nouvelles et vivifiantes questions. Et comme ils ne savent plus où donner de la question, tant l’hallali semble unanime, ils se taisent, résignés, ployant leur foi sous la pression populaire. On regrette tout de même, ou la mondialisation de l’info qui monte en épingle la moindre parole en lui faisant cracher un suc qu’elle ne portait pas toujours, ou l’inconséquence de ceux qui ont sous-estimé ce rapport à “l’info” qui brûle, explose entre les mains des candides qui voulaient transmettre quand il faut communiquer, enseigner quand il faut un “bon mot” ou qui veulent marteler une vérité immarcescible dans les replis douloureux de l’histoire. Je souffre que des portes se ferment peu à peu sur des hommes qui n’auront plus l’espace de poser certaines questions au moment où elles deviennent essentielles, et dans la vie où elles se révèlent vitales. March 15 fi de l’ecclésiolangue !
décidément, c’est surprenant… et stimulant. March 09 Eclat inattendu de la prière d'un soirchaque matin, chaque soir, à chaque heure de la journée, les prêtres, les religieux, et quiconque le désire peut se joindre à la prière de l'Eglise qui laisse respirer les psaumes en chants alternés, résonner la Parole, monter les intercessions vers Dieu. On l'appelle Liturgie des heures. Nombre d'hymnes ont trouvé une place ici dans ces pages, car des hommes d'aujourd'hui ont su prêter, avec talent, leurs mots à la foi qui les anime... Comme souvent, le genre crée son style et on reconnaît facilement les textes issus de cette prière tant sa forme est d'une régulière fidélité. Sauf parfois, comme pendant les Vêpres des dimanches de carême où les intercessions prennent une saveur particulière. Je vous laisse savourer.
sur ce, nous continuons sur les pas de St Paul, dont le récit se trouve toujours ici (le texte d'aujourd'hui n'est pas de moi) March 01 je m’en vais faire quelques pas
parce qu’il y a beaucoup à faire, je m’en vais faire quelques pas avec une trentaine d’autres prêtres du diocèse et notre évêque, sur ceux de Saint Paul. Quelques jours de marche, de car, d’avion, d’hôtels, de cahiers à gribouiller, de kilomètres, de prière, de dessins, de dépaysement, de messes, de rencontres, de cohabitation serrée, d’oraison, de photos, d’écritures en lectures, de contemplations, de chiottes à la turque '(ou pas). quelques jours en Turquie, en pèlerinage sur les pas de St Paul… Je suis chargé des petites narrations quotidiennes… qui auront lieu sur le site diocésain, à l’adresse tout aussi peu glamour que la mienne: http://catholique-coutances.cef.fr (à moins que je ne réussisse à les mettre ici aussi… vous le verrez vite. Je compte sur votre prière… je vous emmène dans la poche, si vous êtes sages! February 28 pas d’homélie demain, soirée ciné-dvd!“-vous ne préférez pas vous reposer? les amis n’aiment pas être fidèles, ils ont l’impression de perdre leur personnalité. sauf pour les dictateurs et les imbéciles, l’ordre n’est pas une fin en soi. Ma chère amie, Wagner est sublime ou inécoutable selon les goûts, mais exquis, sûrement pas. -il y a des patrons de gauche, je tiens à vous l’apprendre pour des raisons particulières, je vous ai longtemps pris pour un salaud, mais je constate avec plaisir que là aussi j’avais quinze ans d’avance. -tout antisémite a son juif, tout anticlérical peut bien avoir son curé, pas vrai?” je vous laisse le soin de reconnaître! |
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