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May 11 en visage une vie (#400)
Je pense notamment à une interview de Jean Clair, un matin sur France Inter. Il parlait de "l'unité profonde de l'art du XXe siècle, qui contrairement à ce que l'on croit, n'est pas finalement l'art de l'abstraction mais l'art du portrait. [Il] ne croi[t] pas qu'il y ait eu un siècle dans l'histoire de la peinture qui ait été aussi obsédé par le portrait que le XXe s, mais de façon tragique." Je ne peux que résonner à cette analyse, tant en photographie je veux me situer dans cette quête, dans la volonté d'attraper, d'un cliché, toute une personnalité qui passe par le visage, le portrait. Je ne saurais dire combien de photos j'ai prises dans cet esprit. Presque toujours, ces "noir et blanc" sont saisis à l'insu des sujets, et il arrive souvent que ces derniers ne les aiment pas. En effet, quelque chose y paraît de la personnalité, de la beauté de ces sujets mais pas le visage composé offert aux objectifs le plus souvent... (je serais le premier à ne pas avoir l'humilité d'accepter un tel regard!) Néanmoins, il est tout de même frappant que ce même Jean Clair, qui insiste tant pour souligner la place du portrait dans l'art contemporain, ait écrit un livre dont le titre est autoportrait au visage absent, avec une couverture si expressive. Car finalement, plus que la présence du visage, c'est sa disparition qui me frappe le plus souvent... Absence de visage des foules et des panels, sondages et majorités, manifestations, figures emblématiques, incarnations de discours, où comme le dit Laurent Graff, dans il ne vous reste qu'une photo à prendre, (ed le Dilettante) «C’était comme si la réalité était ici théorique, constituée d’échantillons représentatifs, de signifiants génériques», qui ne se distinguent que par leur capacité à représenter un "tout le monde" vide de personnalité; absence de visage de la mine travaillée du communicant politique, qui se compose un personnage pour faire passer son idée, renvoyant comme un reflet les émotions contrôlées de l'homme tronc du 20 heures qui fait jouer les muscles faciaux au gré des informations qu'il déverse; visage vide du "on dit", où le "on" se drape d'un visage tout aussi anonyme et insipide que l'idée qu'il sert visage qui se détourne quand l'émotion le submerge, quand la honte empourpre, visage qui s'enfouit dans l'épaule quand la souffrance est trop forte, quand les pleurs l'inondent, quand la fusion le tente, visage voilé... par les opérations qui gomment les rides, qui le laissent éternellement jeune, ou inexpressif, grimé, masqué sous l'apparat d'une jeunesse qui se désire d'autant plus qu'elle disparaît. visage composé de componction du priant à l'air pénétré qui tend ses traits pour mieux laisser comprendre ce qui se passerait à l'intérieur, visage abaissé de l'homme humilié, qui n'ose plus regarder visage déformé de l'homme agressé, dont la haine explose les traits visage emmuré de l'adolescent complexé, qui se cache derrière une mèche prudente, visages absents, hommes et femmes sans visages... et pourtant... « La beauté du visage est un frêle ornement » disait Molière, et Picasso de s'interroger « Faut-il peindre ce qu'il y a sur un visage ? Ce qu'il y a dans un visage ? Ou ce qui se cache derrière un visage ? » car « La grande aventure, c'est de voir surgir quelque chose d'inconnu, chaque jour, dans le même visage. C'est plus grand que tous les voyages autour du monde.» (Giacometti) Aujourd'hui, pendant qu'ils chantaient pour leur profession de foi, j'ai vu des visages qui se sont ouverts, laissant briller quelque chose de l'intérieur... et je me mets à espérer qu'aucun de ces jeunes ne perdra dans la vie qu'il construit le visage que, dans la joie, il nous ont révélé. May 10 petits bouts déchirés de bonheur...
On a des papiers plein la tête et les poches On a des papiers plein la tête et les poches On a des papiers plein la tête et les poches Ce qu'on fait de nos vies Drôle de Sire - confettis. parce que sur un blog, on dépose des petits mots sur des billets May 09 une promesse électorale tenue qui fait du bien!7 euros 32 les 5 litres de bière, merci de prendre soin de mon pouvoir d'achat, c'est nécessaire pour la cuite à pas cher. Je me sens mieux. May 08 tique, éthique, poétique
“la seule issue possible est de vivre poétiquement.” “Vivre poétiquement, c’est voir de la beauté où le regard convenu n’en voit pas.” Edgar Morin cité ce matin sur France Inter par Eric Reinhardt, l'auteur de Cendrillon, en lice pour le prix Inter 2008. sans métrique, ni poétique, sans art et sans manière, je veux choisir de vivre poétiquement, pour discerner dans la simplicité du quotidien, qu'il me heurte ou me ravisse, un sourire celé, une épiphanie de beauté. May 07 y a pas de sot métierparce que les américains mettent des bips dans leurs films
"Ils arpentaient les rues et campaient sur les places Ils arpentaient les rues et campaient sur les places
Que sont donc devenus
On n'achetait pas que terrestres nourritures Que sont donc devenus
Certains étaient tenus à l'écart de la foule Que sont donc devenus
Paroles: Pierre Philippe. Musique: Juliette Noureddine 1993 "Irrésistible" © Le Rideau Bouge images: http://www.plonkreplonk.ch/ May 06 avec M, et V...
parmi les joies des prêtres, pas de curiosité malsaine, ni de questions indiscrètes, je ne suis pas un psy, ni un spécialiste de la vie, ce soir, l'accompagnement se vivait au soleil, May 05 lutin de bord d'Elle, de mers (2)puisque ce blog a l'habitude de la mesure et du raisonnable, ce soir, démesurons, exagérons, éventons, enivrons, décadrons
May 04 erre, ô fragile
En matière de héros, le chat du Rabbin (dont le premier tome est succulent) se pose là. Félin bavard, ami d'un rabbin en quête, on ne reconnaît pas dans le mistigri qui veut faire sa Bar Mitsvah tous les attributs des super héros des Marvel, ou de Super Dupont de Gotlieb. En parlant de héros, les prêtres sont souvent revêtus par "les gens" de leur cape (à défaut du slip rouge sur le collant bleu), héros d'un cheminement qui semble difficile, fait d'abstinence, de renonciation (titre d'un article de PQR pour une ordination), de vie de manque, de pauvreté, de vide... dans une Eglise qui manque aux yeux de la société d'être florissante. Il suffit de voir les circonvolutions maladroites des hommes troncs du JT quand ils parlent des apparitions provençales reconnues... Super héraut de Dieu, fondant sa vie sur ce qui est une question pour beaucoup, soupçonné de candeur au mieux, de perversité au pire. Mais cette cape ridicule du super héros ne saurait lui seoir... Aucun masochisme chez ces prêtres que je connais, ni un besoin malsain de s'engager dans une structure finissante, ni un attrait morbide pour les statistiques en chute, ni l'obligation de tout tenir, d'être fidèle à la rigueur d'une administration ultramontaine inhumaine. Non, ces prêtres sont des hommes de l'expérience, qui l'ont laissée entrer au coeur de leur vie, avec un vrai besoin, de la partager. Ils sont capables de garder une solitude parce qu'ils sont pris par cet appel à aimer tous ceux qui leur sont confiés, et que cela ne saurait se faire en demi mesure. Ce n'est pas simple, mais ce n'est pas un parcours de héros, c'est un chemin d'amoureux. Leur distance leur donne l'autorité de la parole qui se pose simplement. Leur distance les autorise à regarder en aimant. Leurs études et leur mission donne du poids à leurs mots, même s'ils ont besoin d'apprendre de leurs contemporains comment se dit/vit la justesse. Et leur distance leur donne le goût de la relation. Mais parfois, le superhéros supputé porte de plus en plus la cape dont on le revêt insidieusement, et elle lui pèse, grave, sur les épaules. Il porte un moment l'aura de la perfection, de ces grands beaux et forts, jeunes dynamiques, qui sont tellement ... et ce poids ferait même chuter. Le prêtre héroïfié est même plus fragile. Parce qu'il se perd. parfois, un ami chancelle dans l'escalier, et vous savez qu'il faut être à l'équilibre, pour rire, et danser. Alors, remisant la cape dont on nous orne, on regarde paisiblement le monde tel qu'il est... et peu à peu, naissent les projets.
www.davidsire.com"Si vous aimez flâner, déambuler, vagabonder, rêvasser ces mots je les ai empruntés sur le site de David Sire (clic), aux chansons sympathiques, et à la douce poésie... tous ceux qui y ont touché peuvent en témoigner... Allez, encore quelques mots de lui!
"Ça fait dix ans que ça dure May 03 pingin pulang
par deux fois, ces derniers temps, je me suis retrouvé plongé, Tant de beauté dans ces danses, musiques, gestes à l'harmonie, à la complexité stupéfiante... Teruna Jaya, Baris Tunggal, Oleg Tamulilingan, Topeng keras, Jauk, Kebyar Duduk, Legong Keraton, et même pendet...
May 02 sapotilles et quadrilles
April 30 parce que c'est pas l'homélie la plus facile de l'annéeIl monte au ciel, bon. D'accord. Mais comment? voilà l'inextricable dilemme du prédicateur qui parle de l'ascension... Et les sandales? Il a pris ses sandales? J'emprunte cet aphorisme à un illustre disparu il y a deux décades, qui avait le talent admirable de bien écrire tout ce qu'il voulait, à commencer par le plus inattendu. et parce que vous ne l'entendrez pas demain en homélie...
"L’Ascension : Tout Jésus plongé dans la prière reçoit une poussée de bas en haut qui le renvoie chez son papa. C’est le théorème de l’ascenseur." Chroniques de la haine ordinaire :Jours de fête (inédit). Pierre Desproges April 29 luxe à profusion, act IIciel fermé, horizon bouché, agenda blindé, de pluie douché Si par une matinée menaçante, le corps réticent, vous quittez une heure et demie de réunion de catéchèse scolaire après être passé dans quelques secrétariats, gérant des sous qui ne sont pas à vous. Si vous prenez votre voiture, à 1,34€ le litre de gasoil, et que pour les 30 prochains kilomètres, vous suivez péniblement un camion poussif et large, qui ne se laissera sûrement pas doubler, alors même que vous ne seriez pas loin d'être en retard, à une litote près, le chemin se fait lancinant. ciel fermé, horizon bouché, agenda blindé, de pluie douché Le camion ralentit. "C'est pas gagné." Et dans les bourrasques s'envole d'entre les roues du transporteur ami non pas le nuage de lisier attendu mais une averse de pétales de fleurs. vive les cerisiers du japon, à la floraison abondante. Encore du luxe gratuit...
la tempête florale coûte peu,
April 28 bling bling du bocage normandPuisque le carême est fini depuis longtemps, on est en droit d'être tenté de mettre fin aux abstinences en tous genres, efforts alimentaires et goûts prononcés pour la pauvreté volontaire. Les teints hâves et les profils cachectiques ne sont plus de mode. Il est donc temps, en goûtant aux plaisirs de la vie, de se vautrer dans le luxe, le calme et la volupté. Mais le luxe tant convoité se cherche-t-il dans les achats en kiloeuros que je n'ai pas, ou dans cette soirée, mercredi dernier,
assis dans la cour à l'arrière d'une grande bâtisse normande, au bout d'un chemin de terre, dans des fauteuils de jardin, dégustant un porto, un air doux sur la peau, avec pour tout paysage une nature généreuse où s'enfuyait, distrait, un lapin, le tout habillé du chant d'oiseaux si nombreux qu'on ne savait où donner de l'oreille... parler de Verlaine, et laisser le soleil tendre calmement vers l'horizon. où plus prosaïquement, dans la source de tensions de tant de couples parisiens, face aux nécessités du quotidien... T'as pensé à descendre les poubelles? Pas de petit personnel pour les tâches ménagères, mais on trouve dans des coins même pas reculés de notre petite ville des lieux où même les poubelles, archétypes du quotidien qui se délite, ont leur luxe, leur charme!
ah ces fleurs, on n'en peut plus! April 27 le rire de résistance d'un obèse en puissance
Jean Michel Ribes (France Inter 8h40) évitons donc les problèmes de coeur, April 26 contrition d'un bavard
L'ascèse des lèvres nous est la plus étrangère, car nous parlons comme nous respirons, avec la même aisance que les oiseaux qui volent dans le vent. Nous parlons pour nous imposer, pour durer et flétrir le dénuement de la mort qui nous habite. Nous parlons par goût de l'autre, babillage, parfum de curiosité et exil de soi dans le miroir de notre dignité. Faire abstinence des lèvres abat le moi complaisant et achève de nous dépouiller dans cette pure écoute de celui qui passe dans la brise légère, loin des ouragans tapageurs et que nous n'entendons avec des mots humains. Lorsque le remous des pensées s'apaise et que s'estompe le bruissement de l'imagination, comme les ombres portées du monde dans l'avènement du soir, quelque chose, en effet, se produit, qui n'est pas la cessation de la vie ni le dépérissement de la joie, mais l'amplitude de l'Autre, la résurgence de Dieu en nous, ce vertige des lèvres désormais closes sur le bien du coeur enveloppé de son Dieu. (pp. 34-35)
Nathalie Nabert, Le Maître intérieur, Ad Solem April 25 retour au quotidien...The most connu personnage des années caté est un nain célèbre, peu aimé, et à la moralité quelque peu dissolue. Un
et le lendemain? se demande Maurice Bellet.
Et tout au long d'un bouquin intrigant, Maurice Bellet reste aux côtés de ce converti qui regarde Jésus depuis son village. Un péquin qui l'aime bien, mais se sent trop petit pour le suivre. Alors sûr de son bon droit, et de son intuition, et de son bon sens, il lui parle et lui conseille tout ce que nous serions tentés de lui dire, nous qui avons été touchés, mais qui essayons de vivre cela au quotidien! April 24 happy few
N'en déplaise aux tenants d'un égalitarisme à tout crin, forçant inlassablement (mais vainement) les murailles d'inexpugnables bastions de l'élitisme et des convents d'inititiés, certains cercles, certaines tables ne sont pas accessibles au tout venant, mais à un gratin trié sur le volet, qui au prix de sacrifices personnels drastiques, sans pot-de-vin, arrangement, ou piston possibles, a acquis douloureusement le droit d'y siéger. Les plus obscures loges en font partie, ainsi que les associations d'anciens combattants, Rotary Clubs, amicale des anciens coopérants du Seminari Roh Kudus de Tuka, et bien sûr la table partagée du samedi midi au presbytère Notre Dame de Saint-Lô. Car la vie sacerdotale saint-loise a ses codes, et ses conciliabules, éminemment presbytéraux et donc masculins, chaque samedi. Ils ne sont pas sans faire penser aux chapelles et réfectoires de séminaire, certes ouvertes à la gent féminine mais où la demoiselle invitée, au milieu de cette salle très majoritairement masculine, ressentait souvent, même virago, de grands moments de solitude. A Saint-Lô, chaque samedi, une petite douzaine de convives s'attablent pour un moment savamment orchestré. Bien sûr, à une époque, la table était régie par un ancien nonce apostolique, qui récrivait l'histoire de Saint-Lô à coup d'anecdotes à morphologie variable. A dire vrai, il s'agissait plutôt d'un soliloque que lui disputait un autre prêtre, friand aussi de ses récits à répétition. Et chacun y allait de son histoire quand un mot lâché au hasard lui en fournissait le prétexte. Mais le nonce n'est plus. Les soliloques non plus. On y rivalise dorénavant d'à propos, de taquineries, voire d'un soupçon de gauloiserie au gré d'une conversation pas nécessairement utilitaire mais indispensable aux relations du quotidien, dans une confiance que permet une identité partagée. A cette table désormais siègent un aumônier éternel d'hôpital, un des rares CRIC encore utilisable, un recteur du sanctuaire rural en amont de la préfecture, un doyen curé archiprêtre à velléités archivistes, secrétaire émérite du conseil presbytéral, un curé militant de quartier populaire, un prêtre retiré (faute de pouvoir dire autrement, à moins de le qualifier en lien avec son bolide jadis orange, sa voiturette), deux prêtres auxiliaires du curé, l'un et l'autre anciens curés du Sud Manche, l'un charismatosceptique, et l'autre senestromilitant. Pour compléter le tableau, ajoutez deux "jeunes" et vous aurez le tout. Hélas, ô grand hélas, quand bien même je vous la décrirais par le menu, vous ne pourriez participer à cette table, car si vous vous y asseyiez, elle ne serait déjà plus elle-même. On n'y refait pas l'église, mais on y apprend la joie de jouter en douceur avec des frères prêtres que l'on n'a pas choisis, mais avec qui l'on compose de bonne grâce un puzzle ecclésial, certes approximatif parfois, bigarré, et bric-broqué, fatigant, et parfois même surprenant... Surprenant, comme quand, au détour d'une conversation, le seul téléphone portable qui n'ait pas été coupé se met à vibrer, puis à sonner. Ce n'est pas un vieux bigophone à allure de brique, mais un de ces portables suffisamment récent qui vous passe au lieu d'une mélodie midi un extrait de morceau connu. Et en entendant quelques mesures de REM, on regrette finalement qu'au séminaire on insiste tant sur l'apprentissage de l'hébreu, du latin et du grec, mais pas assez sur l'anglais... car la sonnerie de l'Abbé... c'était "Losing my religion!" April 23 proxima du centaureceux que l'on ne s'est pas donnés,
même en quelques jours de vacances. |
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